VARIATIONS sur un air imprévisible

Si nombre de mariages ont dû être annulés ou reportés en 2020 pour cause de pandémie, qu’en sera-t-il cette année? 2021 sonnera-t-elle enfin le retour des grandes réunions de famille et des fêtes endiablées? Rien n’est moins sûr… Et pourtant, cela n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle.

On se rappelle toutes le film «un mariage trop parfait» avec Jennifer Lopez en wedding planner briseuse de mariage. Mais au-delà de la fiction, en quoi consiste concrètement ce métier, très prisé des pays anglo-saxons?

L’INATTENDU APPELLE LA CRÉATIVITÉ
C’est indéniable, depuis plus d’une année maintenant, la crise sanitaire ne cesse de nous pousser dans nos retranchements et nous oblige à sortir de notre zone de confort. Les couples de futurs mariés, eux aussi, ont été mis à rude épreuve. Souvent fantasmée depuis des mois, voire des années, la cérémonie du mariage se veut parfaite, idéale, organisée jusque dans les moindres petits détails… Pas facile alors de rester zen lorsqu’un invité surprise joue les trouble-fêtes et nous impose de repenser la tonalité de cette journée si particulière. Si certains couples renoncent, la plupart s’adaptent. Mariages high-tech célébrés par visioconférences, célébrations prévues en semaine, à des dates et des heures inhabituelles… Entre créativité et pragmatisme, l’objectif est d’apprendre à  jongler avec les incertitudes, en composant avec les éventuels changements de mesure qui peuvent encore survenir à tout moment. Dans un article paru dans Libération, la sociologue française Florence Maillochon constate: «[…] la pandémie a probablement eu plus d’e et sur les fêtes que sur l’institution en elle-même. Ce sont les modes de cérémonies qui ont évolué.» Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire?

L’OCCASION DE REVENIR À L’ESSENTIEL
S’il reste encore difficile de savoir exactement à quoi ressembleront les mariages en cette année 2021, une tendance à la simplicité et aux cérémonies plus intimistes semble toutefois se dessiner. Les robes se feront plus sobres, les célébrations se donneront souvent en plein air, en petit comité…

Quant aux  fleurs, on les préférera séchées, stabilisées ou éternelles a n de pouvoir peut-être les réutiliser… Plus question non plus d’inviter un éventuel voisin ou l’une de nos collègues. Si les célébrations se veulent plus exclusives, elles seront peut-être aussi plus authentiques et spontanées. Rien ne sert en e et de vouloir tout maîtriser. L’essentiel se dévoile dans l’intensité des moments privilégiés que les jeunes époux s’accorderont de vivre avec chaque convive. Bien loin de perdre en intensité, ces nouvelles formules à la fois minimalistes et chaleureuses prennent au contraire tout leur sens, dans un monde où le besoin de partage et d’intimité n’a peut-être jamais été aussi fort…

LE TÉMOIGNAGE DE LAETICIA
Le 16 mars 2020, trois mois avant le mariage de Laeticia, la décision des autorités suisses tombe: tous les mariages sont repoussés jusqu’à nouvel ordre. Elle et son compagnon décident alors de reporter la célébration à l’année suivante. «Le plus di cile aura sûrement été de renoncer à la date, qui marquait les 10 ans de notre rencontre.» Loin de se laisser abattre, la jeune femme appréhende cette épreuve comme une leçon de vie: «Je me mettais beaucoup de pression a n que tout soit parfait le jour J. Cette année m’a appris à lâcher prise et à accueillir l’instant présent…» Et lorsque l’on évoque le nombre d’invités, là encore, Laeticia reste philosophe: «A situation extraordinaire, solution extraordinaire! Nous devons redoubler d’inventivité et envisageons de célébrer notre union sur plusieurs week-ends.» Une jolie manière de sublimer une période et une journée si singulière!

PHOTO: SHUTTERSTOCK.COM_ALEX GUKALOV
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