Peut-être avez-vous déjà croisé ses personnages et ses illustrations dans les magazines, au détour d’un conte, d’un livre, sur un flyer ou sur son blog, car Jenay est une touche-à-tout! En deux coups de crayon, la jeune femme nous entraîne dans un univers à la fois poétique, féminin et enfantin…
Dessiner, illustrer, c’était un rêve de gosse?
On peut dire ça! En tout cas pour mes parents, la question ne se posait même pas. Il était évident, pour eux, que j’avais un don pour le dessin. A 16 ans, j’ai fait une école d’art à La Chaux-de-Fonds. Quand j’en suis sortie, j’ai trouvé un poste de graphiste dans un magazine. En parallèle, je tenais mon blog et je réalisais des illustrations en free-lance.
Qu’est-ce qui vous a décidé à mener une carrière solo?
J’avais de moins en moins de temps pour tout gérer et une réelle envie d’accorder plus de place à l’illustration, mais le déclic est lié à une grosse frayeur, lorsque j’ai manqué de me faire écraser par une voiture! C’est bête, mais à ce moment- là, je me suis dit que je devais absolument faire ce dont j’avais envie. C’est comme ça que je me suis lancée!
Vous semblez envisager votre métier comme un grand terrain de jeu, je me trompe?
C’est tout à fait ça, même s’il faut bosser quand même! J’aime bien l’idée de pouvoir expérimenter et toucher à des univers différents, ça me permet de ne pas m’enfermer dans un style, ni dans un domaine précis. Le graphisme est mon métier de base, mais illustrer par exemple des contes pour enfants, sous Plume et Pinceau, me procure un plaisir immense. Ça me plonge dans un état quasi méditatif! Mais au-delà de ce «flow», c’est aussi un vrai moyen d’expression qui me permet de créer des atmosphères et de transmettre des émotions.
Sur votre blog, vous avez imaginé deux personnages, «La boss et moi», qui incarnent avec beaucoup d’humour la dualité qui vous habite… Est-ce si difficile à vivre?
Il vaut mieux en rire! Mais oui, je suis sans cesse tiraillée entre la voie de la raison, le sens des responsabilités et mes envies d’artiste qui ne tolèrent aucune contrainte. Mon côté «boss» passe son temps à rappeler à l’ordre l’artiste qui ne fait que ce qu’elle veut. Dans ma tête, c’est Dr Jekyll et Mr Hyde tous les jours!
Quel est le dessin que vous ne ferez jamais?
J’ai besoin de savoir que les projets que je mène sont en adéquation avec mes valeurs. C’est-à-dire qu’il y a peu de chances, par exemple, que je fasse un jour des illustrations pour l’industrie du tabac!
Un bon dessin vaut-il mieux qu’un long discours?
En tout cas, le dessin dit tout d’un bloc! Le message devient visuel. Et même si le dessin ne dit pas forcément autant que les mots, il ratisse plus large, car il y aura toujours plusieurs façons de l’interpréter. Finalement, les mots enferment peut-être davantage…