Du théâtre au menu!

Pour la troisième saison, l’association Midi Théâtre propose le temps d’un repas des créations romandes inédites, à savourer sans modération. En plat du jour, de l’inattendu et des rebondissements à partager en famille, entre ami.e.s ou entre collègues. La Loterie Romande soutient cette démarche originale qui associe la bonne chère à la chaleur du spectacle vivant.

Gwenaëlle Lelièvre,
conceptrice et coordinatrice du projet, secrétaire générale de l’association Midi Théâtre
« L’idée m’est venue sous la douche! Pourquoi ne pas proposer du théâtre à midi? Je voulais offrir un moment convivial qui s’inscrirait dans le quotidien des gens avec l’envie de faire franchir le premier pas à ceux qui ne vont pas au théâtre. Je souhaitais rendre accessible la diversité de la création suisse romande avec une formule en plein jour, plus courte et attrayante. Les deux premières saisons ont dépassé nos espérances. Le public était au rendez-vous du Jura à Genève en passant par le Valais, et dans les grandes villes comme dans les petites. Dans tous les théâtres participants, les pièces sont jouées dans les foyers ou dans les bars devant une moyenne de cinquante personnes. Les compagnies, qui changent à chaque saison, font un réel travail d’écriture ou d’adaptation car les formes courtes, quarante minutes, n’existent pas dans le répertoire. Pour les comédiens, c’est un défi de jouer avec des spectateurs si proches, quasi face à eux. On ressent une autre énergie. Le public, lui, ne sait pas à quoi s’attendre même s’il a lu le synopsis. En général, le dispositif scénique est étonnant: la table sur laquelle on mange peut aussi bien être la scène. Les spectateurs ne sont pas au bout de leurs surprises!»

Marie Fourquet,
auteur de La disparition du cancre, compagnie Ad-apte
« Par rapport à une pièce classique, on a allégé le décor et l’éclairage. Il a fallu s’adapter au foyer ou au bar dans une formule qui n’est ni une lecture, ni une mise en espace mais un spectacle créé pour le Midi Théâtre. Notre compagnie a commencé par du cabaret il y a dix ans et ça nous permet de revenir à quelque chose de plus direct. Deux comédiens sur scène, un couple de parents, sortent d’une réunion avec l’instituteur de leur enfant. Ils sont préoccupés par ce qu’ils viennent d’entendre et arrivent en retard pour manger avec les spectateurs. C’est une mise en abyme, on joue sur la confusion entre la fiction et le réel. Le fait d’être si proche du public, d’autant plus au moment du repas, crée un lien intime vraiment intéressant. J’ai écrit du surmesure pour les comédiens en pensant au bruit que vont faire les couverts sur les assiettes. Il fallait un texte efficace dans ce contexte-là, où l’on n’a pas le silence total, être drôle sans être potache pour mener une réflexion pertinente sur l’échec scolaire tout en restant dans un moment convivial. Car c’est ce que c’est, on partage un bon moment avec le public qui, après la représentation, peut discuter et boire un café avec les comédiens. Il n’y a pas de loge, tout le monde est ensemble. C’est très chaleureux avec, en prime, des spectacles de qualité.»

Toutes les informations sur : www.miditheatre.ch