Conjuguer réinsertion professionnelle et mobilité durable

Fondée en 1948, l’Orif œuvre depuis plus de 70 ans à la formation et à l’intégration socioprofessionnelle de jeunes et adultes en difficulté ou atteints dans leur santé. En 2020, l’association lance un service d’autopartage de voitures électriques inédit, Eurecar. Un projet à la fois écologique et social, testé actuellement par les villes d’Aigle et de Monthey, et soutenu par la Loterie Romande.

Dans l’atelier du centre Orif Aigle dédié au nettoyage des véhicules Eurecar, le formateur, Daniel, entouré de bénéficiaires actuellement en réinsertion professionnelle.

DANIEL BEETSCHEN, Maître socioprofessionnel
Le projet Eurecar est une idée des collaborateurs de l’Orif eux-mêmes. Porté par une volonté de favoriser les énergies vertes, l’objectif du service est de mettre à disposition des employés des véhicules électriques qu’ils pourront utiliser au quotidien dans leurs déplacements professionnels. Nous avons commencé avec une flotte de Renault Twizy dans les communes d’Aigle et de Monthey, et allons désormais étendre l’offre en proposant également des Smart, qui disposent d’une plus grande autonomie et qui se rechargent aussi plus vite. Tout le suivi administratif ainsi que l’entretien des véhicules sont ensuite gérés par l’Orif et ses bénéficiaires. Dans le cadre de nos formations, cela nous permet de travailler une large palette de compétences, qui s’étend de la facturation à la prise de contact avec les entreprises, en passant par des ateliers d’intendance et de conciergerie. Nous sommes également amenés à nous déplacer pour présenter le projet, demander des offres et effectuer des comparatifs. Réelles, ces missions se retrouvent dans la plupart des métiers auxquels nos bénéficiaires peuvent prétendre. Actuellement, nous sommes encore dans une phase de test et réfléchissons à d’éventuels autres services, comme une application qui pourrait permettre le covoiturage.

 

 

 

 

 

JULIEN CHERVAZ, bénéficiaire de l’Orif, collaborateur administratif Eurecar
Cela va faire trois semaines que j’ai rejoint l’association et le projet. Ce qui m’a plu à l’Orif, c’est que je pouvais tout d’abord reprendre ma formation d’employé de commerce. De plus, les bénéficiaires peuvent choisir les projets sur lesquels ils souhaitent travailler. Je trouvais le côté novateur d’Eurecar très intéressant. Et le fait d’être à la source, de pouvoir suivre toutes les étapes du développement du projet depuis ses débuts me paraissait très stimulant. Je me suis dit que cela pourrait me permettre d’apprendre beaucoup de nouvelles choses. En tant que collaborateur administratif, je suis désormais en charge de la facturation des produits et des charges, ainsi que de la tenue d’un fichier de comptabilité. Je m’occupe également de prendre contact avec les entreprises qui collaborent au projet et de créer des flyers et des documents de présentation du service.

GILLES COTTET, conseiller municipal infrastructures, mobilité et environnement
à la ville de Monthey
Lorsque je leur ai soumis le préavis et les arguments de mon service pour le projet Eurecar, mes collègues de l’Exécutif ont été convaincus par la démarche, et la Municipalité a validé son inscription au budget. Le service est en effet très intéressant à plusieurs niveaux. Premièrement, c’est une solution de mobilité durable. Beaucoup de nos collaborateurs effectuent régulièrement de courts trajets pour se rendre à des séances de chantier. L’autopartage est idéal pour ce genre de petits parcours, notamment en hiver quand on ne peut pas utiliser les vélos. C’est silencieux, rapide et très pratique. L’aspect associatif du projet est un deuxième point très important dans la mesure où cela crée des emplois. Et puis, la prestation en elle-même est séduisante. Il s’agit d’une formule de location mensuelle, qui comprend l’entretien et le remplacement d’un véhicule en panne le jour-même. Rien de tel pour tester le service, le faire connaître et changer progressivement les comportements. Je pense en effet que la commune a un vrai devoir d’exemplarité et d’incitation. Eurecar constitue en ce sens une étape de plus dans l’engagement durable que s’est fixé la ville de Monthey. Pour ma part, je verrais notamment un très grand potentiel au sein des entreprises.

Plus d’informations: www.orif.ch

www.loro.ch/fr/utilite-publique/projets-soutenus